lunettes

L’ophtalmolovite

Trouver un ophtalmologiste capable de vous recevoir dans un délai raisonnable constitue déjà une sinécure.
J’en ai trouvé un dans la périphérie de Saint-Nazaire à plus d’une heure de la maison…. Deux mois de délai. Un luxe.

Rendez-vous un beau mercredi fixé à 14h30.
Je suis un client sérieux, j’arrive donc dix minutes avant.

Une vieille maison, une décoration usée, pas d’accueil qu’une pancarte écrite dans une jolie cursive et vous dirigeant vers une salle d’attente à la moquette élimée, au style rococo et à la propreté approximative.

Petite angoisse, ils sont deux devant moi dont une famille. Je crains déjà qu’un retard ne s’annonce.
A peine me suis-je assis, le praticien pénètre dans la salle et appelle sans chaleur excessive un vieux monsieur tremblant.
Petit jeu de portes. 5 minutes plus tard, c’est au tour de la jeune femme qui me précède. Il est 14h25. Le client suivant se pointe.
Je m’imagine alors que la jeune femme dont j’entends qu’elle annonce « que c’est la première fois que je viens, je n’ai jamais eu de lunettes », va bien passer une vingtaine de minutes avec le spécialiste….

A peine ai-je le temps de me laisser envahir par la songerie que c’est déjà mon tour.
Puisque je viens pour de nouvelles lunettes, le monsieur s’intéresse à mes verres plus qu’à mes yeux. J’ai beau n’avoir pas vu d’ophtalmologiste depuis plus de cinq ans, avoir dépassé la cinquantaine, le jeu consistera seulement à tester quelques verres face à l’alphabet.

Il parait que ma vue a bougé dit l’ophtalmologiste. Lequel est déjà en train de rédiger son ordonnance, de faire chauffer ma carte vitale puis d’encaisser mon chèque….

L’opticien découvrira que l’ophtalmologiste aura prescrit exactement la même correction que celle des anciennes lunettes… soit…

Alors je n’ose d’une part souligner le scandale du manque de médecins spécialistes, je me prends à compter à ce rythme d’enfer combien de patients le monsieur reçoit chaque jour et je ne peux qu’espérer n’avoir pas un quelconque souci … tout comme je le souhaite aux patients expédiés à vitesse grand V….

Bien que le commerce de l’opticien puisse poser d’autres questions quant à la propension à vous vendre des options non nécessaires ou vous « offrir » une deuxième paire alors que la première reste mal remboursée… on peut s’interroger de savoir s’il ne serait pas opportun que des auxiliaires médicaux puissent être dévolus à mesurer ce que mon œil est capable de voir, quitte à ce que cet adjoint du spécialiste soit en capacité d’orienter ensuite vers le médecin en cas de doute….

Il y aurait de belles économies à la clé et probablement quelques privilèges à secouer….

Laisser un commentaire