Directives anticipées et suites…

Il me semble important que chacun puisse rédiger ses directives anticipées. Cela n’a rien de morbide mais fixe clairement ce que l’on souhaite en cas d’accident grave et d’incapacité à s’exprimer. L’actualité l’a encore rappelé il y a peu…

On peut télécharger un exemplaire et avoir les explications légales ici : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32010

Les miennes sont disponibles dans mon bureau (exemplaire signé et daté) et dans mon Google Drive au lien https://drive.google.com/open?id=1h-V57SEgNiSSaPVlOGAqlVkehXV_HyYo . Il faudra que j’actualise l’adresse…

On s’en doutera, “je refuse que l’on me maintienne artificiellement en vie dans le cas où j’aurais perdu conscience et où je ne pourrais plus communiquer”.Je refuse les actes n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie”. “Je souhaite bénéficier d’une sédation profonde et continue associée à un traitement de la douleur”.

J’espère malgré la pression notamment de l’église catholique, que nous parviendrons à disposer en France d’une loi permettant l’euthanasie dès lors que les souffrances seraient trop lourdes et les espérances trop faibles, à la condition évidente que cela relève d’un choix personnel explicite.

Ouvrir un droit n’oblige personne et pourtant à chaque fois (avortement, mariage pour tous… ) on a trouvé les mêmes pour tenter de bloquer les choses…

Après tout, mon choix est « économique » et conscient. J’ajouterai qu’il ne me choquerait pas du tout qu’en cas d’accident grave et de pronostic vital engagé, on me laisse partir en limitant les souffrances…

Pourquoi s’acharner et dépenser de l’argent ? Pourquoi m’imposer de vivre ensuite avec un handicap ? Ce choix est personnel et je comprends que certains aient envie de « vivre à tout prix », j’ai un profond respect pour la vie d’autrui et je pense nécessaire la solidarité avec toutes les personnes handicapées… mais je revendique aussi le droit de choisir les conditions dans lesquelles je souhaite vivre y compris ce droit d’exprimer la liberté ultime….

La rencontre de la mort reste forcément ce moment de solitude formidable. Une belle mort sereine devrait arriver comme « ce moment » du chemin achevé, où l’on a pu s’alléger de ce qui pesait, transmettre ce que l’on pensait utile et puis vient la plongée dans l’inconnu, lequel peut n’être que ce rien… ou cet indicible apport à la vie, cette trace infime, cette petite goutte d’eau, ce reflet qui passe un instant sur les vivants, cette ombre ou cette lumière… ce qui restera après l’oubli, ce changement imperceptible mais réel…

Nos sociétés entretiennent des relations fort diverses avec la mort.

A titre personnel, je suis souvent choqué de notre capacité à célébrer de façon grandiloquente ou larmoyante les morts en particulier à la suite de drames, alors que nous étions bien indifférents aux vivants… mais c’est une autre affaire…

Si je ne sais pas du tout quand je mourrai, mes proches savent que j’interdis toute sorte d’annonce ou publication -autre qu’information à L’État Civil et aux administrations- , toute sorte de cérémonie, regroupement ou célébration quelconque le jour de ma mort et que je souhaite une crémation aussi “technique” et discrète que possible. Un peu comme on faisait autrefois pour les suicidés et peut-être par hommage pour eux.

Il faudra dépenser le moins possible (et normalement ma mutuelle doit pourvoir largement). Pas d’inscription. Si on peut disperser les cendres quelque part c’est très bien mais sans mise en scène ni assistance…

Comme un locataire qui quitte un logement mon rêve serait de partir le plus discrètement possible, sans laisser de traces ou de dégâts après avoir eu le temps de disperser ou donner ce qui pourrait intéresser les uns ou les autres et surtout peu à peu, devenir ce souvenir qui s’estompe progressivement, ce timbre de voix dont on est plus certain…. une empreinte dans le sable, que la vague en passant effacera tranquillement …

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