Les mauvais herbes

Je n’ai pas de potager en ce moment mais un jardin dont je n’ai pas choisi toute l’organisation, où cohabitent des allées de gravier, une allée faite de dalles mal jointées et des plates bandes diverses, sans compter le tour de clôture.
C’est un assez petit jardin, ancien, avec pas mal de murets et de recoins, situé en ville mais à proximité d’autres jardins et d’espaces verts.
Il est assez peuplé d’arbres pour que les oiseaux viennent le fréquenter en nombre.
Comme tout un chacun, je suis confronté à la question des mauvaises herbes.
Sur le principe, la terminologie, je n’aime pas beaucoup ce terme.
Mauvaises en quoi ?Certaines sont très jolies, leurs fleurs souvent charmantes ont des couleurs vraiment plaisantes, des feuillages fort bien dessiné.
Je suis épaté par leur capacité à surgir du sol sans autre sollicitation que celle de la nature, leur diversité, leur capacité à venir s’installer là entre deux pierres, sur un mur, entre deux graviers, deux autres plantes…
Les allées au gravier sagement ratissé ce n’est pas trop mon truc, il est vrai que des brins d’herbe qui poussent au milieu tendent à rompre l’harmonie, font désordre…
Bien sûr, certaines mauvaises herbes en concurrence avec d’autres plantes que j’ai pu semer ou installer peuvent se montrer nuisibles à leur expansion… C’est en cela que la main du jardinier prend parti et ne laisse pas la nature décider.
Pour autant, au plaisir fugace de faire de l’espace dans la plate bande, je me sens vite en difficulté : d’abord parce qu’il est facile de percevoir les perturbations engendrées par cette action. Vers de terre forcés de déménager qui s’exposent en se retrouvant sur les dalles chaudes, insectes dérangés dans leur accouplement … Le geste banal du jardinier ne l’est pas.
Dans les allées je m’interdis tout désherbant chimique et c’est avec parcimonie que j’applique mon mélange de sel et de vinaigre d’alcool.
J’aimerais bien savoir identifier avec sûreté le mesclun qui pourrait constituer ma salade du soir… je n’en ai pas l’expertise.
Dans certaines plates bandes, j’avoue laisser « pour voir » quelques herbes dont la silhouette me parait de bon augure …Je laisse aussi ces petites fleurs bleues qui s’accrochent à la muraille ou même le fort joli tapis de mousse derrière l’atelier où j’adore passer pieds nus.Au fond, selon les espaces du jardin, j’aurais tendance à différencier mon approche et plutôt qu’un désherbage aussi massif que systématique, préférer réguler au fil de l’eau dans une approche aussi équilibrée que possible en laissant place à l’aimable curiosité.
Cette curiosité est souvent récompensée. Un espace laissé libre et quelle surprise de voir ce qui vient y pousser, venu on ne sait pas toujours comment des autres jardins…
Ainsi les pâquerettes du gazon restent comme le trèfle, les bienvenues même si tout cela n’entre pas toujours dans les règles les plus académiques.

Laisser un commentaire