Les minimalistes

Je suis allé regarder cet après-midi plusieurs sites de personnes se revendiquant « minimalistes ».
Je fus frappé par ce monsieur qui avait choisi de n’avoir que deux chaises, une fourchette et pas de four en me disant que c’était surtout d’une vie de moine solitaire qu’il nous parlait.
D’autres avaient des univers si zen et si « clean » qu’il en ressortait quasiment l’impression qu’ils vivent en milieu aseptisé, médicalisé.
Ordre, propreté, vide… une certaine austérité… le monsieur de tout à l’heure dépliait chaque soir son matelas pour une personne. Chasteté en plus ?
Mais je ne suis pas certain que ranger l’extérieur range vraiment l’intérieur et je crains que la posture ne masque peut-être une difficulté à se positionner dans la complexité et la profusion du Monde …
Cela dit, trier, éliminer, ne pas s’encombrer d’un certain nombre d’objets inutiles, je suis assez pour. J’aime l’idée de posséder peu de choses…
J’ai pu jeter un grand sac de factures bien anciennes et si j’ai encore hésité à faire le tri dans mes propres écrits, j’ai bien allégé le bureau…
Visiter ce que l’on possède dans la maison et peu à peu éliminer ce que l’on ne porte pas ou plus, simplifier… la période qui s’annonce va m’aider à avancer en ce sens. On peut éprouver un plaisir certain et puis pourquoi notamment garder les objets par trop usés qui méritent de partir au recyclage plutôt que d’encombrer les fonds de placard.
L’une de mes plus grandes difficultés cependant, serait de me séparer des livres et des trente-trois tours… Encore que parmi ceux-ci figurent certains qui se retrouvent là sans attrait ni intérêt particulier et que j’ai sur le faire pour certains… mais quel regret d’avoir donné ou jeté certains livres d’enfance !
J’ai vu aussi combien j’ai été perturbé et le suis encore, de ne pas retrouver un disque aimé et d’en venir à soupçonner des visiteurs de l’avoir subtilisé…
J’ai apprécié que l’une des adeptes du minimalisme, dise refuser les cadeaux ou préférer qu’on lui fasse des cadeaux « immatériels » (elle évoquait des billets de spectacle, des abonnements à la piscine…). Nous devons savoir éviter la dépendance aux objets et nous dire que les vrais souvenirs de notre vie nous les portons en nous…
Ou alors faudrait-il posséder quelques rares et beaux objets hérités. Quelques tableaux de famille n’ayant que valeur sentimentale, des photographies, deux trois objets… ne sont là que pour me renvoyer à ma propre histoire.
Je n’ai aucun attachement particulier pour les meubles, mon patrimoine est léger et je n’ai jamais eu envie de « posséder ».
Dans l’idéal, j’aimerais avoir su ou avoir eu le temps avant ma mort, me débarrasser de l’essentiel de mes objets afin de partir avec un sac aussi léger que possible…

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